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Complément Iode vegan : le guide complet pour ta thyroïde

Publié le 15/06/2026

Iode urinaire médian des vegans : 12,2 µg/L. Cible OMS : 100 à 200 µg/L. La méta-analyse Eveleigh 2023, publiée dans British Journal of Nutrition sur onze études et 4 421 adultes, donne le chiffre qu’on n’a pas envie de lire. L’angle français rajoute une couche : le sel iodé représente 32 % des ventes de sel de table seulement, et l’iodation est interdite dans les aliments manufacturés. Le vegan qui sale à la fleur de Guérande et qui évite poisson, lait et œufs n’a quasiment aucune source d’iode. La carence tape sur la thyroïde, donc sur le métabolisme, la cognition et le cerveau du fœtus chez les femmes enceintes. Facile à corriger, à condition de choisir la bonne forme. 3 800 mots pour démêler tout ça.

À quoi sert l’iode

L’iode n’a qu’une mission biochimique, mais elle est cruciale : c’est le substrat exclusif des hormones thyroïdiennes T3 et T4. Pas d’iode, pas d’hormones. Pas d’hormones, métabolisme au ralenti. Le règlement européen (UE) n° 432/2012 autorise cinq allégations santé pour ce minéral, sur la base de l’opinion EFSA (Journal 2014;12(6):3660). Libellés verbatim FR, à 15 % VNR minimum par dose, soit 22,5 µg d’iode élémentaire pour une VNR de 150 µg.

L’iode contribue à la production normale d’hormones thyroïdiennes et au fonctionnement normal de la thyroïde (IDs 274 et 1237). C’est la fonction première. La glande thyroïde capte activement l’iode circulant via un transporteur dédié (symporteur sodium-iodure, NIS), l’oxyde et l’incorpore à la thyroglobuline pour fabriquer T3 (trois atomes d’iode) et T4 (quatre atomes). Toute la cascade métabolique en dépend, du foie aux muscles en passant par le cerveau. Une carence chronique fait gonfler la glande qui tente de compenser : c’est le goitre, signal historique d’un apport insuffisant.

L’iode contribue à un métabolisme énergétique normal (IDs 274 et 402). Corollaire direct du précédent. T3 active régule le métabolisme basal cellulaire, la thermogenèse, l’utilisation des glucides et des lipides. Une thyroïde sous-alimentée en iode tourne au ralenti : tu prends froid plus vite que les autres, tu prends du poids sans manger plus, tu te traînes dès le réveil. C’est l’expression banale d’une hypothyroïdie infraclinique, dont la carence iodée est une cause directe encore sous-diagnostiquée en France.

L’iode contribue à des fonctions cognitives normales et au fonctionnement normal du système nerveux (ID 273). Les hormones thyroïdiennes sont indispensables à la maturation neuronale, à la myélinisation et à la synthèse des neurotransmetteurs. C’est pourquoi la carence iodée pendant la grossesse et la petite enfance laisse des séquelles irréversibles. Le crétinisme endémique, qui a frappé des régions montagneuses entières jusqu’au XXᵉ siècle, est la preuve historique du rôle de l’iode dans le développement cérébral, et l’argument qui a imposé l’iodation universelle du sel dans les programmes OMS.

L’iode contribue au maintien d’une peau normale (ID 370). Allégation moins connue mais cohérente : T3/T4 régulent le renouvellement épidermique. Sécheresse cutanée diffuse, ongles cassants, cheveux clairsemés sont des marqueurs cliniques classiques d’hypothyroïdie, donc indirectement de carence iodée prolongée.

Dernière note : l’iode ne travaille pas seul. Le sélénium est le cofacteur des déiodinases (D1, D2, D3), les enzymes qui convertissent la T4 stockée en T3 active dans les tissus cibles. Carence en sélénium = T4 mal convertie = bénéfice iode amoindri, même avec un apport correct. Duo thyroïdien à ne pas oublier. On y revient en section précautions et dans le futur pilier sélénium.

Qui doit se complémenter, et pourquoi

Position microcobalt nuancée, et inverse de celle du pilier fer. Sur le fer, on tempère le discours dominant : la majorité des vegans n’a pas besoin de se complémenter. Sur l’iode, tous les vegans devraient se complémenter par défaut, sauf cas particulier d’algue alimentaire standardisée maîtrisée.

La raison est mécanique. Les trois sources principales d’iode dans l’alimentation occidentale sont le poisson (100 à 300 µg par portion de 100 g), les produits laitiers (70 à 130 µg par litre de lait) et les œufs (10 à 50 µg par œuf). Un régime vegan les exclut totalement. Restent deux sources théoriques : le sel iodé et les algues. Le sel iodé FR est utilisé par 32 % des ménages seulement (Wikipédia FR sel iodé, donnée 2014), interdit dans les aliments transformés, rare en restauration collective. Les vegans privilégient souvent le sel de Guérande ou l’Himalaya rose, non iodés. Quant aux algues, leur teneur en iode est si variable qu’on en fait une section entière plus bas.

La méta-analyse Eveleigh 2023 documente la conséquence : médiane iode urinaire vegans 12,2 µg/L contre cible OMS 100 à 200 µg/L, apport iode médian 17,3 µg/j soit 12 % de l’ANC français. Verbatim auteurs : « vegetarians and particularly vegans living in countries with no current USI programme continue to have increased risk of low iodine status, iodine deficiency and inadequate iodine intake ». La France n’a pas de programme universel d’iodation obligatoire, elle est dans le groupe « volontaire et fragmenté ». Le résultat épidémiologique tombe sans surprise.

Cinq profils méritent une attention renforcée.

Les femmes vegans enceintes, d’abord. Besoin 200 µg/j (ANSES), parfois 220 µg/j (LPI Oregon State). Une carence pendant le premier trimestre peut provoquer des déficits cognitifs irréversibles chez l’enfant. Profil le plus critique, et le seul pour lequel la complémentation routine fait consensus médical mondial.

Les femmes vegans allaitantes. 200 µg/j ANSES, 290 µg/j NIH. Le nourrisson ne reçoit son iode que via le lait maternel pendant les premiers mois.

Les adolescents et enfants vegans en croissance neurologique active. La RNP grimpe de 90 µg/j entre 1 et 10 ans à 130 µg/j à 17 ans. Avis pédiatrique systématique avant complémentation.

Les pratiquants d’un régime macrobiotique strict, qui combinent évitement total d’iode animal et consommation aléatoire d’algues mal dosées. Doses massives un jour, zéro le lendemain.

Les vegans qui présentent des signes thyroïdiens : fatigue chronique avec frilosité, sécheresse cutanée, prise de poids modeste sans excès alimentaire, chute de cheveux diffuse. Pas un diagnostic à faire soi-même, mais un signal pour demander TSH + T4 libre + anti-TPO à ton médecin avant de te lancer.

La position de la Vegan Society UK est explicite : 140 µg/j minimum chez tous les vegans, plafond 150 µg/j en complément, KI ou KIO3, mise en garde sur la variabilité du kelp. C’est la grille qu’on retient.

Côté diagnostic, l’iode urinaire (UIC) est le gold standard épidémiologique OMS mais reflète seulement les 24 à 48 h précédentes, et il n’est quasiment jamais demandé en routine en France. Plus accessible : TSH (valeur normale 0,4 à 4,0 mUI/L), T4 libre et anti-TPO pour exclure une thyroïdite auto-immune. Trio prescriptible par un généraliste. Pour un vegan adulte asymptomatique, ni l’ANSES ni l’OMS ne recommandent un dosage routine : un apport quotidien de 100 à 150 µg/j en complément couvre le besoin. Pour un vegan symptomatique ou qui prépare une grossesse, le bilan TSH + T4 libre + anti-TPO est utile.

Formes moléculaires : KI vs KIO3 vs kelp vs Lugol

Section technique qui change ton choix de produit, et qui démonte un mythe : « kelp = naturel = mieux ». L’écart entre un bon kelp et un kelp douteux se chiffre en facteur 1 120.

L’iodure de potassium (KI) est un sel inorganique simple, synthétique, identique chimiquement à l’iode du sel iodé alimentaire et du lait maternel. Dosage exact au microgramme par capsule, biodisponibilité élevée, aucune variabilité d’un lot à l’autre. Position du Linus Pauling Institute (Oregon State, miroir scientifique du NIH ODS), verbatim : « potassium iodide is the recommended form because iodine content of seaweed varies considerably ». Quand l’autorité de référence US recommande nommément le KI plutôt que le kelp, ce n’est pas un détail. C’est le standard d’excellence pour la complémentation vegan.

L’iodate de potassium (KIO3) est une variante stable du KI, utilisée pour l’iodation industrielle du sel alimentaire. Équivalent fonctionnel du KI en complémentation, dosage exact, biodisponibilité comparable. Forme privilégiée par la Vegan Society UK à côté du KI.

Le kelp et le varech sont des macroalgues brunes (Ascophyllum nodosum, Laminaria digitata, Fucus vesiculosus) consommées traditionnellement en Asie de l’Est et reconnues comme source naturelle d’iode. Sur le papier, l’option idéale pour un vegan. Sur le banc analytique, c’est plus contrasté. L’étude pivot Aakre 2021, publiée dans Food & Nutrition Research, a testé 96 produits commerciaux par ICP-MS à l’Institute of Marine Research norvégien, laboratoire accrédité. Verdict : pour les compléments stricto sensu, la teneur en iode varie de 5 à 5 600 µg par dose, facteur × 1 120 entre produits. Surtout : 54 produits sur 96 dépassent l’UL ANSES/EFSA de 600 µg/j en une seule dose. Verbatim auteurs : « macroalgae-containing products are unreliable iodine sources […] inclusion of such products in the diet may pose a risk of consuming excessive amounts of iodine ». Tu achètes un flacon « kelp 150 µg » et tu reçois 50 µg, ou 500 µg. Tu ne sais pas. La marque ne sait probablement pas non plus, si elle ne fait pas analyser ses lots.

Il y a une issue. Les marques sérieuses dosent leur poudre d’algue lot par lot et déclarent une teneur iode garantie par capsule en microgrammes d’iode élémentaire (pas en milligrammes d’algue, ça ne veut rien dire). Quelques exemples crédibles : PureSea® (extrait Ascophyllum nodosum des Hébrides écossaises, fournisseur Seaweed & Co UK, utilisé par Nutri&Co), OligoKelp®, ou les gammes Vit’all+ Kelp Bio, Dynveo Kelp Bio, Aroma-Zone Iode Marin Bio si la fiche technique précise les microgrammes garantis. Acceptable, mais le standard d’excellence reste le KI dosé.

Le Lugol est un cas à part. Solution médicamenteuse historique mise au point en 1829 par Jean Lugol, qui combine iode élémentaire et iodure de potassium dans l’eau distillée. Une goutte de Lugol 5 % contient environ 6,25 mg d’iode, soit 41 fois l’ANC quotidien adulte. Usages médicaux légitimes : préparation pré-chirurgie thyroïdienne, blocage iode radioactif en cas d’exposition accidentelle, désinfection cutanée historique. Mais c’est un médicament à dose massive, pas un complément alimentaire pour automédication. La consommation routine de Lugol, parfois popularisée dans des cercles « santé naturelle » mal informés, expose à un risque réel de surcharge iodée, de thyroïdite iodée et d’hyperthyroïdie iatrogène. Notre deuxième contre-exemple dans le comparatif.

Reste le sel iodé alimentaire, mentionné pour ordre de grandeur. 15 à 20 mg d’iode par kilo de sel, soit ~1,5 à 2 µg par pincée. 5 g de sel iodé par jour apporteraient 75 à 100 µg, deux tiers de l’ANC. Le problème déjà cité : 32 % des ménages, zéro sel iodé dans les aliments transformés. Compter sur le sel seul pour atteindre 150 µg/j en régime vegan est irréaliste.

Verdict scientifique 2026. Pour les vegans qui se complémentent, le KI ou le KIO3 dosé est le standard d’excellence : dosage exact, biodisponibilité maximale, position NIH/LPI alignée. Le kelp standardisé reste acceptable si la marque déclare ses microgrammes garantis par capsule, certificat d’analyse à l’appui. Le kelp non standardisé est à éviter, le facteur × 1 120 le disqualifie. Le Lugol sort du périmètre complémentation routine. C’est cette grille qu’on applique au comparatif plus bas.

Quel dosage prendre

Trois référentiels servent de socle, et leurs chiffres convergent davantage que pour le fer ou les oméga-3.

L’ANSES fixe l’ANC à 150 µg/j chez l’adulte, 200 µg/j en grossesse et en allaitement, et un LSS (équivalent UL) à 600 µg/j chez l’adulte. L’EFSA s’aligne : AI 150 µg/j adulte, 200 µg/j grossesse, UL 600 µg/j. La logique américaine (IOM 2001, relayée par NIH ODS via LPI et Harvard Nutrition Source) retient la même RDA adulte à 150 µg/j mais grimpe à 220 µg/j en grossesse (vs 200 ANSES) et 290 µg/j en allaitement (vs 200 ANSES, 250 OMS). L’UL US est fixé à 1 100 µg/j, près du double de la valeur européenne. Position prudente européenne, position plus permissive outre-Atlantique. La Vegan Society UK trace une ligne basse : 140 µg/j minimum chez tous les vegans, plafond 150 µg/j en complément.

La fourchette de référence microcobalt se cale sur cette grille : 100 à 150 µg/j en routine pour un vegan adulte sain (couvre ANSES, EFSA et Vegan Society UK avec marge), 200 à 220 µg/j en grossesse et allaitement sur avis professionnel (cible Vegan Society UK et NIH), et 50 à 100 µg/j seulement si tu utilises déjà du sel iodé systématiquement à la cuisine.

Côté plafond, l’écart ANC 150 µg/j à UL 600 µg/j (ANSES/EFSA) est un facteur × 4. Aux doses microcobalt en routine, la surcharge thyroïdienne est quasiment impossible chez un sujet sain. Le risque réel commence ailleurs : excès chronique au-dessus de 1 000 µg/j sur des semaines, profil typique de quelqu’un qui mange du kombu japonais quotidien sans le savoir, ou qui s’automédique au Lugol. Pas la dose qui pose problème, la variabilité d’un kelp non standardisé qui peut faire passer de 50 à 5 600 µg/j sans que l’utilisateur s’en rende compte (Aakre 2021). C’est ce qui pousse à viser le KI plutôt que le kelp pour la complémentation routine.

Synergie sélénium et timing

L’iode et le sélénium forment le duo thyroïdien à ne pas séparer. L’iode est le substrat exclusif des hormones T3 et T4, le sélénium est le cofacteur des déiodinases (D1, D2, D3), enzymes qui convertissent la T4 stockée en T3 active dans les tissus cibles. Une complémentation iode bien dosée mais sur fond de carence en sélénium produit une T4 mal convertie : tu remplis le réservoir mais le moteur ne suit pas. La carence combinée est documentée historiquement en Afrique centrale, où elle aggrave le goitre endémique et le retard cognitif. Conclusion pratique : si tu te complémentes en iode, vérifie ton statut sélénium, surtout sur un terrain auto-immun ou un Hashimoto déjà connu. Le sélénium agit aussi comme cofacteur de la glutathion peroxydase thyroïdienne, qui protège la glande contre le stress oxydatif lié à la synthèse hormonale.

Côté timing, l’iode est hydrosoluble et stable. Il se prend à n’importe quel moment de la journée, avec ou sans repas. Aucune interaction connue avec les nutriments alimentaires, contrairement au fer ou au calcium. La règle pratique est l’inverse du fer : on ne complique pas. Le combo Argalys B12 + iode + sélénium qu’on a audité à 12/12 dans le pilier B12 couvre en une gélule les trois carences vegan les mieux documentées.

ProfilFormeDosageProduits recommandés
Vegan adulte sainKI ou kelp standardisé100-150 µg/jSunday KI 100, Nutri&Co PureSea®, Dynveo Kelp Bio
Vegan + sel iodé régulierKI ou kelp standardisé50-100 µg/jSunday KI 100, Aroma-Zone Iode Marin Bio
Femme vegan enceinteKI préféré (dosage exact)200 µg/j ANSES, 220 µg/j NIHSunday KI 100 (×2), Argalys B12+Iode+Sélé trio
Vegan terrain auto-immun thyroïdeKI sous avis endocrinologueVariable, suivi médicalSunday KI 100 fractionnable, sur prescription
Vegan macrobiotique avec algues non standardiséesMesurer iode urinaire avant0-100 µg/j selon apport alguesSunday KI 100 si carence documentée

Notre comparatif des 10 produits

On a appliqué notre grille d’audit en 12 critères à dix compléments iode accessibles en France, plus deux contre-exemples qu’on détaille dans la même logique éditoriale. Huit produits français : Nutri&Co (PureSea® Ascophyllum nodosum standardisé), Dynveo Kelp Bio, Nutrixeal, Vit’all+ Kelp, Aroma-Zone Iode Marin Bio, PiLeJe, Vegavero distribution FR, et un dernier audité au cas par cas selon disponibilité. Un produit allemand : Sunday Natural KI 100, KI pur dosé au microgramme, la référence du segment. Deux produits américains sur iHerb : NOW Foods Kelp et Solgar Kelp, pour benchmark.

Les deux contre-exemples sont sourcés et argumentés. Un kelp non standardisé générique, façon poudre d’algue vrac sans dosage iode garanti par capsule, illustre le facteur × 1 120 documenté par Aakre 2021. Tu achètes un flacon « 150 µg » et tu reçois 50 µg ou 5 600 µg, sans le savoir. Le Lugol 5 % grand public, vendu en pharmacie et popularisé dans certains cercles de santé alternative, dépose 6,25 mg d’iode par goutte, soit 41 fois l’ANC. C’est un médicament à dose massive, pas un complément routine, et son automédication routine est le scénario le plus documenté de surcharge iodée vegan.

Les fiches sont triées par cas d’usage, pas par marque. Note sur 12, prix au µg d’iode élémentaire, forme moléculaire, dosage par dose journalière, présence d’un duo sélénium, certifications vegan, signalement systématique de tout lien d’affiliation. La méthode est publique, les fourchettes de référence par critère sont détaillées séparément, et aucun produit n’a payé pour figurer dans ce comparatif. Aucun échantillon reçu en cadeau. Tout est audité depuis l’information publique : fiches techniques fournisseurs, étiquettes scannées, certificats d’analyse quand ils sont communiqués.

Précautions et interactions

L’iode demande plus de prudence qu’on ne le croit, même à dose modeste. Premier terrain à risque : la thyroïdite auto-immune de Hashimoto. Chez 30 à 40 % des patients, un apport iodé même physiologique aggrave l’inflammation thyroïdienne. Si tu as un Hashimoto connu ou des anti-TPO élevés, ne te complémente jamais sans avis endocrinologue. Deuxième terrain : l’hyperthyroïdie, par maladie de Basedow ou nodule autonome. L’iode est contre-indiqué et peut déclencher une tempête thyroïdienne. Troisième : le goitre nodulaire, qui expose à une hyperthyroïdie iodée aux doses hautes. Tout goitre palpable demande un bilan endocrinien avant complémentation.

Côté grossesse, 200 à 220 µg/j fait consensus ANSES, OMS et NIH. C’est le seul scénario où la complémentation routine est recommandée par les trois autorités, à cause du rôle de l’iode dans le développement cérébral du fœtus. Côté enfants, la RNP grimpe avec l’âge : 90 µg/j entre 6 et 12 ans, 120 µg/j entre 14 et 18 ans. Une surcharge chez l’enfant peut déclencher une thyroïdite iodée, à éviter formellement, et pas d’auto-complémentation pédiatrique sans avis médical.

Côté interactions médicamenteuses, trois cas à connaître. Le lithium a un effet anti-thyroïdien qui s’additionne à celui d’un excès d’iode. L’amiodarone contient déjà environ 75 mg d’iode par comprimé, soit une surcharge massive : aucun apport supplémentaire sous ce traitement. La lévothyroxine (Levothyrox) demande un ajustement TSH si tu introduis ou tu arrêtes un complément iodé, prévois un contrôle six semaines après. On parle de surcharge iodée, d’hyperthyroïdie iodée ou de thyroïdite iodée selon le contexte, pas d’« overdose ».

Questions fréquentes

Je suis vegan, je dois prendre du KI ou du kelp ?

KI par défaut : dosage exact au microgramme, c’est la forme que le NIH et le Linus Pauling Institute recommandent nommément. Le kelp standardisé reste acceptable si la marque déclare ses microgrammes garantis par capsule, certificat d’analyse à l’appui. Le kelp générique non standardisé, avec sa variabilité × 1 120 documentée par Aakre 2021, est à éviter.

Le sel iodé suffit-il sans complément ?

Oui à condition d’en consommer systématiquement. Environ 5 g de sel iodé par jour apportent 200 à 300 µg d’iode, ce qui couvre largement l’ANC. Mais en France, seulement ~32 % des ménages utilisent du sel iodé, et il est interdit dans les aliments transformés. Vérifie ton paquet de sel avant de conclure que tu es couvert.

Combien de temps pour voir un effet sur la fatigue ?

Compte 8 à 12 semaines pour normaliser la TSH si tu as une carence iodée pure. Mais la fatigue chronique a souvent plusieurs causes. Élimine aussi B12, vitamine D3, fer, sommeil et thyroïde auto-immune avant de tout mettre sur le dos de l’iode. Un dosage TSH + T4 libre avant complémentation aide à mesurer l’effet.

Femme vegane enceinte, je prends combien ?

200 µg/j selon l’ANSES, 220 µg/j selon le NIH. C’est critique pour le développement cérébral du fœtus, surtout au premier trimestre. Demande à ta sage-femme ou à ton gynécologue un dosage TSH avant et pendant la grossesse, et privilégie le KI ou un kelp standardisé avec teneur garantie par capsule.

Je mange des algues régulièrement, je peux laisser tomber le complément ?

Probablement, mais à vérifier. La teneur en iode des algues varie énormément selon l’espèce et le lot. Si tu manges du nori grillé 2 à 3 fois par semaine, tu es certainement OK. Si c’est du kombu en bouillon hebdomadaire, l’apport peut grimper très haut sans que tu t’en rendes compte, et un dosage iode urinaire est utile pour caler.

Iode et sélénium ensemble, c’est mieux ?

Oui si tu as un terrain thyroïdien à risque ou un Hashimoto léger sous suivi médical. Pour un vegan adulte sain sans symptôme, prendre les deux séparément ou un combo type Argalys B12 + iode + sélé suffit. Le duo n’est pas obligatoire en strict tandem, mais le sélénium reste utile pour la conversion T4 → T3.

Hashimoto et vegan : je peux prendre de l’iode ?

Uniquement sous avis endocrinologue. L’iode aggrave l’inflammation chez 30 à 40 % des patients Hashimoto, mais l’éviter totalement peut aussi provoquer une hypothyroïdie iodopénique qui dégrade la fonction thyroïdienne. C’est du cas par cas, avec dosage des anti-TPO et de la TSH, et un suivi rapproché si une complémentation est introduite.

Lugol pour se complémenter, c’est OK ?

Non. Une goutte de Lugol 5 % contient environ 6,25 mg d’iode, soit 41 fois l’ANC ANSES. C’est un médicament à usage strict : préparation pré-chirurgie thyroïdienne, blocage iode radioactif en cas d’exposition. Pas un complément routine pour automédication, c’est notre deuxième contre-exemple du comparatif.

Sources et méthodologie

Notre méthode est publique et indépendante. On n’achète pas d’échantillons aux marques, on ne reçoit pas de cadeaux, et aucun produit ne paie pour figurer dans nos comparatifs. L’audit s’appuie sur les fiches techniques fournisseurs, les étiquettes scannées, les certificats d’analyse quand ils sont communiqués, et la littérature scientifique listée ci-dessous. La grille en 12 critères est la même que pour les piliers B12, vitamine D3, oméga-3 et fer, ce qui permet de comparer les micronutriments sur la même base. Les fourchettes de référence par critère sont détaillées séparément, et chaque source citée ici est accessible publiquement : PubMed, EFSA Journal, ANSES, OMS, Linus Pauling Institute, Harvard T.H. Chan, règlement européen consolidé sur EUR-Lex. Les liens vers les boutiques marchandes seront signalés comme affiliés dans les fiches produits dédiées, et la note d’audit n’en dépend pas. Si tu repères une erreur factuelle ou une étude mal interprétée, écris-nous, on corrige et on date la mise à jour en pied de page.

Bibliographie scientifique

  • ANSES (2021). Apports nutritionnels conseillés pour la population française. ANC iode 150 µg/j, LSS 600 µg/j. Source (accédé 2026-06-01)
  • EFSA Journal 2014;12(5):3660. Scientific Opinion on Dietary Reference Values for iodine. Source (accédé 2026-06-01)
  • Règlement (UE) n° 432/2012 consolidé. Allégations de santé autorisées portant sur des denrées alimentaires. IDs iode 273, 274, 370. Source EUR-Lex (accédé 2026-06-01)
  • Eveleigh ER et al. (2023). Vegans, vegetarians and iodine status: a systematic review. British Journal of Nutrition. PMC10551477 (accédé 2026-06-01)
  • Aakre I et al. (2021). Commercially available kelp and seaweed products – valuable iodine source or risk of excess intake? Food & Nutrition Research. PMC8035890 (accédé 2026-06-01)
  • Linus Pauling Institute, Oregon State University. Iodine — Micronutrient Information Center. Source (accédé 2026-06-01)
  • Harvard T.H. Chan School of Public Health. Iodine — The Nutrition Source. Source (accédé 2026-06-01)
  • Vegan Society UK. Iodine. Source (accédé 2026-06-01)
  • OMS. Urinary iodine concentrations for determining iodine status in populations. Source (accédé 2026-06-01)
  • Andersson M et al. (2007). Iodine deficiency in Europe: a continuing public health problem. WHO. Source (accédé 2026-06-01)

Voir aussi : Pourquoi les multivitamines vegan ne sont pas la stratégie de référence — notre position sur les multivitamines et 7 contre-exemples audités.

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